Le roman
Elle vend son lit. Pas son rêve.
Shadiery Ino est arrivée de Corée au Canada à cinq ans. À vingt-quatre ans, elle vit dans un studio de dix-huit mètres carrés à Montréal, étudie l’administration pour faire plaisir à ses parents et sert des cafés chez Tim Hortons. Sa mère aimerait un diplôme, un bon mariage et moins de sujets de conversation pour la tante Young-sook.
Shadiery veut être actrice, mannequin, chanteuse. Elle veut surtout que sa famille cesse de lui présenter Min-ji, sa cousine mariée au propriétaire de trois buanderies, comme la preuve vivante qu’elle s’y prend mal. Pour tenter sa chance à Los Angeles, il lui faut 4 500 $ : un billet, un dépôt et de quoi tenir un mois.
Alors elle vend son lit, sa table, son micro-ondes et même un casse-tête qu’elle n’a jamais terminé. Elle pose pour des catalogues de sous-vêtements thermiques, endure des castings douteux et attend des cachets que certains producteurs semblent avoir oubliés. Sa tante la bloque sur les réseaux. Sa mère lui demande si elle a mangé.
Katherine photographie ses essais et lui dit ce qu’elle en pense. Aerobox cache son visage sous une boîte et transforme les catastrophes en matière à podcast. Dio Roman aide comme il peut, entre deux disputes avec son chat. Quant à Señor Presidente, l’iguane à cravate rouge qui lui sert d’agent, il réserve son jugement.
Kawaii, Shadiery Ino raconte les petits boulots, la honte familiale, l’amitié et l’obstination d’une jeune femme qui essaie de se faire une place entre deux cultures. Une tragicomédie où l’on peut dormir par terre et continuer à se préparer pour une audition.
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